LA LANGUE ALJAMIADO DES MORISQUES
Ce qu'on appelle "Aljamiado"الخميادو (aljamía ou l'alyamía en espagnol) un nom qui vient de l’arabe al-ʿajamiyya العجميّه (« paroles d’étranger ») n'est pas une langue que les morisques auraient été obligés d'apprendre pour remplacer l'arabe, mais est bel et bien la langue parlée autrefois en Andalousie. Contrairement à ce que wikipédia ou certains sites déclarent, cette langue n'a pas été parlée tardivement en Andalousie mais elle vivait paralèllement à l'arabe classique littéraire qui elle était la langue officielle et donc de l'administration. D'autres régions dans le monde, telle que les Balkans avaient aussi leur propre Aljamiado. En langage scientifique moderne, on désigne sous le nom d'Aljamiado l'espagnole écrit en lettres arabes. Mais il faut cependant remarquer que l'Espagnole chrétien de l'époque entendait "moro aljamiado", un musulman parlant l'espagnol, et les musulmans andalous souvent désignait la langue espagnole par le terme "al ajamia"
L'Espagne chrétienne commença à écrire en espagnole vers XIVe et XVe siècle c'est à dire bien plus tard que l'apparition des mudéjars, bien qu'il ne soit pas claire qu'on puisse parler déjà de l'espagnol en tant qu'une langue littéraire. Rappelons ici que les conquêtes chrétiennes ont commençaient vers le XIe et dès les premières poussées de la reconquista, d'important communauté mudéjars ont vu le jour. Toutefois, il n'est pas concevable de considérer que la langue Aljamiado comme une littérature secrète et lui donner un caractère religieux et donc une identité dédiée spécifiquement au morisques. Comme le montre ce document d'archive qui date du XIVe attaché que j'ai pu consulter personnellement à Huelva en Andalousie (à télécharger pour distinguer les caractères), on remarque que Aljamiado même après la capitulation de Grenade en 1492, celle-ci n'était pas uniquement reservée aux ouvrages religieux mais aussi à des actes notariés voire des lettres personnelles. D'autre part, nous savons aussi que jusqu'au début du XVIIe les lettres aljamiado étaient recopiés par l'administration chrétienne. Le document attaché est un acte notarié d'une ventre d'un terrain agricole.
Il est strictement injuste de dire que la littérature islamico-espagnole des mudéjars basée sur cette langue était caractérisée à juste titre comme une littérature de traduction. Afin d'aboutir à une idée plus harmonieuse de la culture littéraire ou religieuse des musulmans de l'Espagne chrétienne, des recherches plus approfondies devraient éetre consacrées aux manuscrit arabes en aljimiado car ces manuscrits constituent un terrain de recherche très important et il est certain que la composante arabe de la culture morisque soit plus importante qu'on ne l'a admis jusqu'à présent.
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