dimanche 28 juin 2015

ENTRE PASSÉ ET PRÉSENT, TLEMCEN ET SA POPULATION
Tlemcen ville de culture qui jouit d'une réputation particulière, celle d’une ville moderne ayant jalousement gardé son cachet médiéval et ses traditions locales. Nul ne saurait douter que c'une ville conservatrice pourrait être expliquée par sa proximité avec le Maroc, un exemple d'intégration réussie de ses médinas dans les nouveaux espaces urbains. Tlemcen partage cette réputation avec la ville de Constantine à l'Est, elle aussi très influsée par le modèle d'intégration Tunisien.
Ainsi, la position géographique stratégique de Tlemcen contribue à y maintenir vivaces les cultures locales à travers les siècles, les rapports que Bâb El Gharb (Porte de l'occident) entretient avec son environnement rural y ont également leur part. Sa civilisation y remonte à l’époque romaine et atteint son apogée au XIIIe-XIVe siècles sous le règne des Zianide. Elle devient une véritable pépinière culturelle où se côtoient civilisations amazighe, africaine, arabe, andalouse, européenne d’une part, traditions urbaines et rurales d’autre part. Il faut dire que l'occupation Ottomane (du XVIe-XIX) a profondément freiné cette situation priviligiée de Tlemcen mais elle demeurait encore une garnison et un le plus grand centre urbain de l'ouest algérien qui comprend, outre l’espace urbain et l’espace rural, El ḥawz.
En 1956, Tlemcen devient le chef-lieu de l’un des cinq départements issus du département d’Oran. Son rôle économique et commercial se maintient jusqu’à la construction d’un réseau ferroviaire qui détrône la ville au profit d’Oran. Et la création du camp périurbain de Boudghène en 1943 est l’un des effets de la migration des ruraux vers le centre urbin tlemcenien. Au cours des années 80, Tlemcen se présente comme une petite ville de province en pleine mutation économique avec ses industries, ses établissements scolaires et universitaires, ses équipements sociaux. Son économie passe progressivement d’une vocation agro-artisanale à une vocation industrielle. Et malgré l’installation de sa zone industrielle dans les plaines agricoles et l’extension de son cadre bâti à l’intérieur de la forêt de pins sur les hauteurs, Tlemcen garde un aspect verdoyant. Elle offre trois visages : celui d’une ville d’art et d’histoire, dont les traces sont perceptibles à travers les édifices qui font aujourd'hui sa réputation comme El Masnourah, la Grande mosquée, l'ancienne médina, El Kissaria...
Aujourd'hui, la population de tlemcen est mélangée "M'khalta", formée de 150.000 habitants dont plus de la moitié a moins de 30 ans. Cette population est composée de deux catégories d’habitants : les « gens du pays » (M'walin El Bled, dans le langage tlemcenien) et les « étrangers » (El brâwiyya, dans le langage tlemcenien). Ces derniers proviennent, soit des zones rurales environnantes (dans ce cas ils sont dénommés « Aroubiyya » bédouins, dans le langage tlemcenien), soit d’autres villes d’Algérie. Sans aucun doute, la population tlemcenienne est métissée en inculant aussi bien les anciens habitants de la ville (Ḥaḍar et Kouloughli), et les descendants d’anciens migrants ruraux installés dans la ville par vagues successives avant l’Indépendance ainsi que les migrants ruraux récents. Bien que la quantification soit difficile, les critères de définition des "M'walin El Bled" sont d’une grande diversité, chacun tlemceni a ses propres critères d’inclusion et d’exclusion des autres par rapport à ce qu’il considère comme étant le « nous, le fameux H'na ». Les voici ces critères : La variable ethnique ou tribale, degré d’ancienneté de résidence dans la ville, rôle des aïeux dans la vie politique, économique, culturelle et religieuse de la ville...À suivre
NB: Les photos d'une famille tlemcenienne, 1870.




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